Dans la même rubrique
Nouvelles règles, nouveaux horizons...
|
Il va falloir y venir, depuis le temps qu'on en parle ! Les relations "interpersonnelles" changent, évoluent, mutent, se transforment, qu'on le veuille ou non, à notre insu, souvent, de gré ou de force, avec ou sans notre consentement,bref : rien ne va plus !
Nous sommes rentrés dans l'ère des sentiments exclusifs exclusivement réservés aux gens bien élevés et soucieux d'introduire un peu de durée et de consistance dans leurs sentiments partagés... Enfin... C'est là que les choses se compliquent : nous en sommes arrivés à délégitimer l'automaticité de la réciprocité dans le sentiment amoureux, par exemple.
Il me semble qu'il devient de plus en plus nécessaire de demander l'autorisation d'aimer à la personne qu'on aime... et attendre ensuite que celle-ci réfléchisse à la faisabilité de la chose,ou à la légitimité de la démarche. Les choses ne supportent plus la spontanéité des sentiments tellement tout s'accélère et finit par dépasser la vitesse sinon du son ou de la lumière, du moins de l'entendement... Tout va très vite ! Même le mouvement de la tête de droite à gauche pour exprimer le refus finit par ne plus être visiblement clair... Nous ne sommes plus dans le temps de la demande mais dans celui de sa recevabilité...
Et le pire c'est que chacun maintenant ne peut plus se prévaloir d'un éventuel coup de foudre : la foudre elle-même ayant vu sa vitesse ralentie et sévèrement relativisée par le principe universel de précaution : on n'a plus le droit de se tromper, donc il vaut mieux avoir un comportement facile à reconnaître et parfaitement encadré dans "les choses qui se font" et évitant scrupuleusement les choses qui ne se font pas...
Le problème c'est que la définition de ce qui se fait ou non échappe désormais aux partenaires concernés et ils n'ont plus que le droit de se plier aux évidences des autres...Trop d'écart d'âge ? Comment être certain que c'est trop ? Un monsieur d'une cinquantaine passée peut-il prétendre convaincre une "jeunette" de dix ans plus jeune, que ce n'est qu'à partir de 20 ans d'écarts que les écarts comptent ? Et quand il s'agit d'aimer, ces écarts d'âge ont ils encore quelque chose à voir avec les sentiments ? En quoi sont ils suffisamment légitimes pour sortir de la tête dans laquelle ils germent sous forme de problèmes garantis ou de faux problèmes tous aussi garantis... ?
C'est fatigant à la fin de devoir tout justifier. C'est Ferré qui l'a bien dit : le problème avec la Morale, c'est que c'est toujours la morale des autres ! C'est toujours la Morale des autres qui nous empêche de hurler notre amour au moment même où il apparaît...
Je dis ça... mais je ne dis rien...
Le pire n'est jamais décevant... Et j'ai mal à mon bras ! ! !
|