... je t'aime toujours.
Et çà te flatte ! si tu savais comme je peux bien m'en fiche que ça te flatte ou pas ! Tu dis même que ça te donne de l'importance et que de plus en plus tu es certaine que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. En un mot, tu dis même des bêtises. N'importe quoi !
Ce qui me tue c'est la légéreté, l'aisance avec laquelle tu as rayé de ta mémoire tous les bons moments que nous avons réussi à voler au foutu temps qui passe, qui n'en finit plus de passer. Tu n'as retenu que les erreurs ; et encore, pas toutes : les miennes seulement. Et puis, attention Madame, de la première à la dernière, référencées, en technicolor et en relief !
A croire que "calculatrice" comme je te soupçonne de l'être, tu les as notées au fur et à mesure, pour les apprendre par coeur le jour venu, dans le train qui te ramènerait de ta Bretagne... Mais pourquoi faire ? Puisque ça ne changera rien. ça ne changera rien ! La voilà ta dernière scie ! Ta ponctuation sublime à ta certitude de carton-pâte !
Tu as bien raison, rien ne change, tout se transforme. Et toi tu trônes, là, exception à la règle, tu ne changes pas, tu ne te transformes pas : tu vieillis. Tu vieillis vite, très vite, et plus tu vieillis, plus tu ressembles à ta soeur ! Dieu ! Le bel exemple ! Mais qu'est-ce qui m'a pris de m'amour-hacher ( !) d'une telle bonne-femme ?
En plus, et avec pas mal de recul, je ne sais même plus si tu étais assez belle pour en valoir la peine... Je me souviens, ta mère disant qu'un beau clocher n'a jamais dépareillé un beau village et ton père d'ajouter qu'encore fallait-il que l'église fut belle. Tu t'en souviens toi, de tout ça ? Ils parlaient de ton nez !
Mais il vaut mieux que nous nous arrêtions là ; sinon, dans ma rage de te voir te saborder, je vais dire des énormités qui me feront plus de mal qu'à toi... "
Tout commença par cette lettre de ... rupture ! Paradoxe, paradoxe, au commencement était la fin !
note de l'auteur : et moi j'ai mal aux dents !