Dans ce premier chapitre, vous vous familiariserez, ou finirez de vous familiariser, avec les principes de base du cyberespace dans lequel nous allons, ensemble, plonger corps et biens à la recherche de perles rares, d'atlantides démystifiées ou encore, et pourquoi pas, d'objets non identifiés dont nous n'avions même pas idée.
Ceux qui pratiquent déjà depuis plus ou moins longtemps (et ils sont de plus en plus nombreux !) peuvent faire l'économie d'une lecture au cours de laquelle ils risquent de ne rien apprendre de neuf. Mais dès l'instant où il y a risque, il peut y avoir aussi chance, ne serait-ce que de découvrir une autre façon d'envisager le phénomène Internet.
Internet ?
Au risque de passer pour le comble du paradoxe, la règle numéro un en matière d'Internet devrait être la suivante : ne pas suivre le guide. Qu'ils soient humains ou de papier, les guides d'Internet ont tous la même manie : ils vous racontent souvent sur un ton savant l'histoire de ce réseau des réseaux…
Si vous n'êtes pas précisément passionnés d'histoire, quel intérêt pour vous de savoir qu'Internet est né dans un berceau kaki et que ce sont des militaires, et non de doux illuminés, qui ont imaginé cette toile d'araignée mondiale ? Mais le sachant, peut-être comprendriez-vous mieux alors toutes les imperfections de ce réseau global. Donc on n'échappe pas à un minimum d'histoire.
Internet est né à la fin des années soixante, quand les autorités militaires américaines, en pleine guerre froide, ont mesuré combien leur système de communication était vulnérable. Le Département Américain de la Défense, en collaboration avec plusieurs universités, conçut un système qui, en cas d'attaque aussi imprévisible soit-elle, garantissait envers et contre tous la circulation des informations. Ce réseau d'un genre nouveau vit le jour sous le nom d'Arpanet. Un réseau dans lequel chaque ordinateur était relié aux autres et individuellement responsable des messages qui lui parvenaient sous la forme de paquets IP (Internet Protocol).
Ce principe de base est toujours vrai de nos jours : chaque paquet IP contient des informations sur l'origine et la destination des messages, et peut transiter par Tokyo, Melbourne ou Ouagadougou pour aller de Boulogne-Billancourt à Issy-les-Moulineaux !
Dès les années 70-80, le système UNIX utilisé, entre autres, par les universités, intégrait ce protocole « IP ». Rien de plus facile dès lors pour les universitaires de se connecter à Arpanet afin d'échanger le plus rapidement possible, questions, trouvailles, réflexions et… recherches !
A la fin des années 80, la National Science Foundation mit en place des centres informatiques surpuissants auxquels les utilisateurs pouvaient se connecter, quel que soit le lieu où ils se trouvaient aux USA. Ainsi naquit « NFS Net », qui lui-même donna naissance à Internet au début des années 90.
Internet ? (bis)
Internet, un réseau reliant tous les réseaux parlant le même langage, connu sous le nom de norme TCP/IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol). Mais aujourd'hui, qui supervise, qui contrôle, qui surveille, qui commande, qui réglemente Internet ? En fait : personne. Ou peut-être : beaucoup de monde.
Dans la pratique, des millions d'individus (organismes, entreprises, personnes privées, vous demain) possèdent chacun une portion d'Internet, mais personne ne le détient dans son ensemble.
Ceux qui nous gouvernent tentent de plus en plus de le régir un minimum (un maximum, pour certains), mais à moins de supprimer toutes les lignes téléphoniques d'un pays, il n'existe aucun moyen technique d'empêcher qui que ce soit de télécharger des informations ou des programmes informatiques, de récupérer des textes, d 'enregistrer des sons ou des images, de copier des séquences vidéo, de dialoguer en « direct-live », d 'envoyer ou de recevoir des messages eMail, etc.
Nous ne nous lancerons pas ici dans la réponse à la question immense du « comment çà marche ? », même si de temps en temps il sera utile de démonter certains mécanismes pour mieux appréhender certains processus de recherche présentés dans ce qui va suivre. Vous demande-t-on de savoir comment fonctionne un moteur de voiture pour vous permettre de conduire ? Il y a pourtant des circonstances où un brin de connaissances en la matière pourrait être utile…
Il suffira de disposer d'un micro ordinateur (de préférence rapide, costaud et qui ait du « coffre »), d'un modem (de préférence à haut débit de bauds ( ! ), un baud étant une unité de mesure de la vitesse de transmission/réception du modem en question) et de choisir un fournisseur d'accès (un « provider », comme on dit quand on cause Internet dans le texte), qui vous permettra moyennant finances d'être raccordé au fameux réseau.
Internet ? (ter)
Une fois les questions matérielles expéditivement réglées, il est nécessaire d'aborder, avant de se lancer à l'aventure, les aspects intellectuels d'ordre général, induits par la fréquentation assidue ou épisodique d'Internet.
Utiliser les nouvelles technologies de l'information et de la communication dans un état d'esprit qui ne soit pas lui-même nouveau, revient à tenter de marier la carpe et le lapin, d'unir la crème de marrons et les anchois marinés, de mélanger Mozart et la musique techno la plus « raveuse » qui soit…
Appliquer les bonnes vieilles recettes du raisonnement académique dans le maniement des liens-hypertextes (mots ou images d'une page web qui d'un seul clic vous transportent vers d'autres pages web) peut certes se concevoir comme une manière possible d'approcher l'immensité du réseau. Mais c'est souvent pour n'obtenir que des résultats académiques eux-mêmes, c'est à dire souvent dénués de charme.
Que vient faire le charme en la matière ? La performance d'une trouvaille intellectuellement valide serait-elle amoindrie si par extra-ordinaire elle avait le mauvais goût d'être platement juste et fiable, mais mal présentée, mal fagotée, peu engageante ? Non, évidemment. Encore que… Nous développerons plus loin cet aspect des choses propre aux documents électroniques, qui fait la richesse supplémentaire d'une réponse Internet.
Se garder donc de plaquer des raisonnements traditionnels, d'utiliser des méthodes éprouvées hors du Réseau et saupoudrer d'une bonne dose d'intuition sa démarche informatique. Le surfer qui s'élance à tel instant pour telle vague présuppose, plus qu'il ne calcule scientifiquement, qu'il s'agit bien du bon moment et de la bonne vague…
Mais se garder aussi de tout sectarisme : il faut parfaitement maîtriser la théorie pour la dépasser dans une pratique performante et efficiente. Le même surfer qui sait mieux que tout le monde que l'expérience n'est qu'un cumul d'erreurs, doit parfaitement connaître la technique élaborée par les anciens pour faire confiance à son intuition de l'instant idoine et de la vague idéale.
C'est dans cette intention que seront exposées dans le prochain chapitre les commandes essentielles de ces outils de navigation que sont les… Navigateurs, logiciels spécialisés Internet.
Avant cela, que diriez-vous d'une petite vérification récréative de la distance qui vous sépare de votre situation de départ (avant que vous n'ouvriez ce guide ) à la somme de connaissances que vous venez d'engranger ? Simple déformation professionnelle d'enseignant, qui vérifie une fois de plus l'adage : chassez le naturel… la pédagogie revient au galop !
Répondez au test ci-après et découvrez votre score à sa suite.
1- le nom de baptême d'internet était : a : nfs net b : arpanet c : army net d : intranet
2- t.c.p.i.p. c'est : a : un petit paquet d'informations b : un langage de communication codé c : un protocole de transmission d'informations d : une incantation technoïde à l'usage des cyber- spécialistes
3- un provider c'est : a : un fournisseur d'accès au réseau des réseaux b : un intermédiaire mégalomane c : un parasite de la société de l'information d : une pompe à fric
4- un baud c'est : a : l'abréviation « jeuniste » de baudet b : une machine à remonter le temps c : une souris verte d : une unité de mesure de la vitesse de transmission/réception d'un modem
Résultats du test n° 1 :
Si vous avez répondu « b » au premier item, « c » au second, « a » au troisième et « d » au quatrième, vous venez de faire un sans faute et du même coup un grand pas dans l'obtention de votre sésame-internet.
Si vous n'avez que trois réponses exactes, sachez que c'est largement suffisant pour ne plus passer pour le dernier des incultes dans les conversations mondaines ou de bistrot.
Surtout si votre choix mal ajusté s'est porté sur les réponses « c » du premier item (l'armée étant effectivement à l'origine du réseau internet), ou « d » du second (les élites aiment bien se gargariser de mots savants pour dérouter les apprentis et préserver ainsi leur supériorité factice), ou encore « d » du troisième (les fournisseurs d'accès étant effectivement des aspirateurs d'argent toujours renouvelé et qui ont tendance à rendre très onéreuse une pratique devenue aussi essentielle qu'incontournable), ou enfin « c » du quatrième (souris verte étant la meilleure preuve de votre sens de l'humour, si rare de nos jours dans les ouvrages qui se veulent didactiques ou pédagogiques).
Si par contre votre score est inférieur, du fait d'autres choix moins heureux, il vous est conseillé de revoir la séquence précédente pour améliorer vos performances. Vous risquez le malaise lors de la prochaine régate et, plutôt que de vider le tube de nautamine préventivement au mal de mer qui vous attend sournoisement planqué dans les méandres du Réseau, relisez les quelques lignes de présentation ci-dessus. A quoi cela vous servirait-il de brûler ou d'impatience ou les étapes ? sinon à justifier l'autre adage qui veut qu'on dise que le plancher n'est pas droit, quand on ne sait pas danser…