Une rédaction correcte, facile et agréable à lire : voilà un atout majeur tant pour la réussite aux examens que dans la vie professionnelle. Mais bien rédiger, c'est à dire : savoir exposer ses idées avec clarté et simplicité, c'est aussi beaucoup de travail et autant de patience.
1- Connaître les règles :
Avoir à portée de main une bonne bibliothèque d'ouvrages de base indispensables pour améliorer son expression écrite :
une bonne grammaire comme, par exemple, le "Cours supérieur d'orthographe", Hachette Editeur, de E. et O. BLED.
le "dictionnaire des difficultés de la langue française", Editions Larousse, de A.V. THOMAS.
"le" BESCHERELLE, "l'art de conjuguer", aux Editions Hatier.
"le" GREVISSE, "Savoir accorder le participe passé", chez Duculot éditeur.
"Et si l'on écrivait correctement le français ?", de Michel MASSIAN, également chez Hachette Editeur.
l'excellent dictionnaire : "Le Petit Robert".
"Trouvez le mot juste : dictionnaire des idées suggérées par les mots", au Livre de Poche, par ROUAIX.
2- Travailler son style :
Il faut beaucoup se relire avec un esprit très critique, pour repérer ses faiblesses, les lourdeurs de sa prose, et épurer, refondre et alléger son texte.
En pratique il faut essayer de supprimer de son texte :
les superfluités :
Les mots superflus dégradent, diluent le message et fatiguent les correcteurs. Il faut donc essayer d'éviter, dans sa copie, le remplissage, le baratin et les expressions redondantes répétées qui donnent l'impression qu'on essaye de noyer le poisson au lieu d'avancer.
Etre concis et utiliser une expression précise et nette, sont signes d'un esprit solide et bien organisé, ce qui est en général valorisé dans la note finale.
Alors bannissez de vos copies les "il est intéressant de noter que, il faut souligner, en l'état actuel des choses, en tout premier lieu, on ne peut pas vraiment dire que, on peut affirmer que, nul ne contestera, bien évidemment, n'oublions pas que, somme toute, mais ces raisons pour fondamentales qu'elles soient ne doivent pas faire oublier que, à la suite de quoi, ..."
les répétitions
les pléonasmes : la marche à pied, caren effet, le milieu ambiant, voiremême, un ordreimpératif, la panacée universelle, retransmis à nouveau, une très infime partie, collaborer ensemble, préparer d'avance, après autorisation préalable, le gouvernement en place, une secousse sismique, des prêts financiers, etc.
les banalités : éviter les verbes "tous terrains" qui reviennent constamment : avoir, être, faire, mettre, dire, voir,...
les participes présents : ces formes verbales alourdissent les phrases et peuvent souvent être avantageusement remplacées par des participes passés.
les tours négatifs : à remplacer par un tour affirmatif plus net et plus léger : "il n'a pas consenti à" devient "il a refusé de", "il n'a pas voulu céder" = "il a résisté", etc.
les tours passifs : ils alourdissent les phrases et il est préférable de les remplacer à chaque fois que c'est possible, par une tournure active qui clarifie la phrase et la rend plus fluide : "il mérite d'être promu" devient : "il mérite une promotion", "il est abandonné de tous" = "tous l'abandonnent", etc.
les tours indirects : qui constituent des périphrases inutiles : "on peut naturellement s'interroger sur le point de savoir ce qu'il en est exactement" devient : "qu'en est-il au juste ?", etc.
les propositions relatives trop nombreuses : les phrases qui comportent des cascades de pronoms relatifs (qui, que, dont, etc.) finissent souvent par avoir un fil conducteur qui échappe à l'attention et la compréhension des lecteurs.
les superlatifs absolus : "une très forte résistance" peut avantageusement être remplacé par "une farouche résistance", plus riche et plus évocateur, de même que : "un exposé très clair" = "un exposé lumineux", etc.
les termes familiers de la langue parlée : celle-ci n'a pas sa place dans une copie "écrite", il vaut mieux remplacer les expressions familières par d'autres, plus "universitaires" : "voir d'un mauvais oeil" = suspecter ou réprouver, "baisser les bras" = se décourager ou renoncer, etc.
les anglicismes : qu'il s'agissent de noms abusivement empruntés à l'anglais (une approche = une vision, une conception, un planning = un programme, un scoop = une exclusivité, un flash-back = une rétrospective, etc.) ou encore des verbes tout aussi abusivement empruntés à l'anglais (générer = susciter ou engendrer ou produire, réaliser = comprendre, percevoir, dispatcher = répartir, ventiler, etc.) ou enfin des adjectifs abusivement...(il est positif = il est certain ou il est catégorique, non stop = continu, ininterrompu, etc.).
Affinez votre style pour respecter votre pensée et méfiez-vous des mots nouveaux inintelligibles. Prenez votre temps pour choisir le bon mot pour la bonne phrase et cent fois sur le métier...
Comme le disait Marguerite Yourcenar : "Le métier d'écrivain est un art, ou plutôt un artisanat"